La généralisation progressive de la facturation électronique impose aux entreprises françaises de renforcer la conformité de leurs processus de facturation. Dans ce contexte, deux notions importantes apparaissent : la piste d’audit fiable (PAF) et la gap analysis. Mais que signifie ces démarches ? Pourquoi sont-elles incontournables avant de déployer une Plateforme de Dématérialisation Partenaire – PDP également appelées « Plateformes Agréées » ?
La piste d’audit fiable, une base de contrôle interne
« La documentation relative à la piste d’audit fiable contribue à s’assurer de la réalité économique de la prestation achetée ou vendue et de la fiabilité des informations reportées sur la facture (quantité, prix, etc.) ».
Thomas de Gigord, Directeur Conseil chez RSM
Concrètement, la piste d’audit fiable (PAF) est un dispositif documentaire permettant de démontrer la légitimité d’une facture en cas de contrôle. Elle atteste que la facture reflète bien une opération économique réelle.
Son objectif est double :
- Assurer la fiabilité des données de facturation (quantité, prix, mentions obligatoires)
- Sécuriser les processus achat et vente, en apportant la preuve de l’exactitude et de l’intégrité de la facture
Piste d’audit fiable et facturation électronique (PDP) : des démarches complémentaires
Contrairement à une idée reçue, la piste d’audit fiable ne disparaît pas avec l’arrivée de la Plateforme Agréée (PDP), bien au contraire :
« La piste d’audit fiable vient en complément de la PDP. Avec le passage à la facturation électronique, la documentation liée à cette piste d’audit fiable doit être mise à jour pour tenir compte de l’ensemble des flux de données, des étapes de traitement automatisés et des nouveaux points de contrôle. »
Thomas de Gigord, Directeur Conseil chez RSM
Ainsi, la PAF reste essentielle pour tracer toutes les étapes menant à l’émission de la facture, notamment celles qui précèdent la PDP : saisie des données, validation des bons de commande, mise à jour des bases tiers. Elle constitue un pilier de la conformité fiscale et de la sécurité des transactions.
Contrôle et sécurisation des IBAN
TRESO2 Conformity intègre des workflows de validation robustes : chaque nouvel IBAN doit obligatoirement passer par une procédure de contrôle et d’accord, via des outils automatisés. Cela permet de :
- Repérer les tentatives de fraude
- S’assurer que l’IBAN appartient bien à l’entreprise attendue, et non à un tiers malveillant.
Pourquoi réaliser une gap analysis avant la mise en place d’une PDP ?
La transition vers la facturation électronique ne se limite pas à un simple choix technique d’une Plateforme Agréée (PDP) ou de solution intégrée. Elle implique un diagnostic préalable de la maturité des processus de facturation existants. C’est tout l’enjeu de la gap analysis, telle que la décrit Pierre-Yves Bailliet, Manager Transformation Fonction Finance chez RSM :
« Avant de choisir la PDP, il est essentiel de réaliser une analyse des écarts (“gap analysis”). Cette étape consiste à cartographier les flux de facturation des processus existants mais également à repérer les cas d’usage de facturation, à recenser les mentions obligatoires présentes sur les factures et dans les systèmes ainsi qu’à évaluer la qualité de la base tiers. Ces travaux permettront d’estimer l’effort nécessaire pour atteindre la conformité ».
Pierre-Yves Bailliet, Manager Transformation Fonction Finance chez RSM
La gap analysis comme levier de transformation
Au-delà de la conformité, la gap analysis est un véritable levier d’optimisation des processus financiers.
Elle permet :
- De standardiser et automatiser les traitements
- De réduire les erreurs et litiges
- D’améliorer la qualité des données
- De préparer sereinement la bascule vers une Plateforme Agréée (PDP), en toute conformité fiscale
Les quatre volets de la gap analysis
La gap analysis appliquée à la facturation électronique couvre quatre volets principaux :
- Cartographie des flux de facturation existants : il s’agit d’identifier tous les flux entrants et sortants, y compris les cas particuliers (avoirs, auto-facturation, sous-traitance) pour éviter les zones d’ombre.
- Analyse des cas d’usage de facturation : recensez les typologies de factures et leurs spécificités réglementaires ou contractuelles.
- Revue des mentions obligatoires et de leur présence effective : vérifiez la complétude des informations légales sur les factures et dans les ERP.
- Évaluation de la qualité de la base tiers : nettoyez et enrichissez les données fournisseurs et clients (noms, adresses, SIREN/SIRET, codes TVA intracom) pour garantir la fluidité des échanges via la Plateforme de Dématérialisation Partenaire – PDP (Plateforme Agréée – PA).
Elle constitue également un atout stratégique pour anticiper les changements organisationnels et former les équipes aux nouveaux outils et procédures.
Ce qu’il faut retenir
La piste d’audit fiable et la gap analysis sont deux démarches structurantes qui contribuent à fiabiliser la facturation et à sécuriser l’activité. Elles conditionnent la réussite de la transition vers la facturation électronique et la mise en place d’une Plateforme Agréée (PDP). Comme le soulignent les experts RSM, il s’agit non seulement d’exigences fiscales, mais également de pratiques clés de contrôle interne et de gouvernance des données.


